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Mesure du souffle

Mis à jour le 06/02/2015

Toutes les réponses à vos questions.

Pourquoi mesurer son souffle ?

De même qu'on mesure sa "tension" ou qu'on se pèse, même si on se sent bien portant, il  est normal de vérifier son souffle ; à plus forte raison si on se trouve essoufflé.

Que mesure-t-on ?

Les volumes pulmonaires… et la capacité à les mobiliser : c'est en quelque sorte le volume  de la bouteille et les dimensions du goulot…

Les volumes pulmonaires comportent deux parties

- la première, mobilisable,  porte un très beau nom : la capacité vitale.
- la deuxième est captive : c'est le volume résiduel qu'on ne peut mobiliser, c'est lui qui maintient la forme du poumon.

La capacité vitale, qu'en faisons-nous ?

Quand vous avez besoin de courir pour attraper un bus, de monter quelques étages, sans ascenseur avec des paquets, la respiration devient plus rapide et plus profonde, consciente ; on se dit "essoufflé".
Mais assis au calme, lisant  ou regardant la télévision, on n'en utilise qu'une petite partie ; la respiration  est inconsciente : c'est le "volume courant".

Comment savoir ? "Est-ce normal, docteur" ?

La réponse se lit sur des tables : les normes 
Ces normes sont fonction du sexe, de la taille et de l'âge, en référence à une population donnée ; il existe ainsi des différences entre les valeurs européennes et celles des Etats-Unis… Les valeurs trouvées n'ont donc de signification qu'encadrées dans des limites ; c'est vrai en particulier des limites inférieures. C'est surtout avec l'âge que des valeurs basses observées peuvent correspondre à des populations qui mélangent des personnes aux fonctions respiratoires "normales" et "anormales". L'interprétation nécessite l'avis d'un professionnel.

Quelles sont les causes qui peuvent altérer ce beau mécanisme ?


Examinons cela de dehors en dedans :

La cage thoracique peut être anormale,  trop petite ou déformée : on ne voit plus dans nos pays ces bossus (bosse de polichinelle) qui existaient il y a cent ans et plus, car on sait traiter précocement ces "scolioses" chez l'enfant puis l'adolescent ; par contre, on observe ces déformations après des accidents comportant des fractures de côtes, souvent associées à des dégâts des plèvres.
Les pleurésies, quel qu'en soit la cause, aigues ou chroniques.
Toutes ces anomalies empêchent l'expansion normale des poumons ; comme si on respirait avec un corset trop serré autour du thorax.

Au niveau du poumon lui-même
C'est tout l'arbre bronchique et le poumon qui peuvent être anormaux.
Parmi les causes, très nombreuses, deux sont dominantes :
- L'asthme : les bronches sont diminuées de calibre par contraction des muscles de la paroi bronchique et remplies de sécrétions épaisses et collantes, très difficiles à évacuer ; la gène est aussi bien inspiratoire qu'expiratoire ; un asthme chronique peut s'installer en dehors des crises.
- La bronchite chronique et la broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO) dont la première cause est le tabagisme, actuel ou passé.

Pour résumer, ici, ce ne sont pas tant les volumes qui sont en cause, mais la capacité à les mobiliser !   

Comment mesurer l'air mobilisable ?

En allant du plus simple au plus complexe:
- Normalement, on est capable d'éteindre une bougie allumée, tenue à bout de bras ! C'est un test grossier rendu difficile en cas de problèmes buccaux, dentaires par exemple.
- Un débitmètre de pointe est un appareil peu coûteux, fait d'un tube gradué dans lequel on souffle, qui déplace un curseur. Son utilisation est facile si l'inspiration est bien maximale et la puissance musculaire instantanée qu'on libère dans l'appareil suffisante.
Une valeur trop basse par rapport aux normes est souvent constatée chez les personnes âgées. Son interprétation nécessite l'intervention d'un professionnel. Chez l'asthmatique, c'est pour le patient un bon moyen d'auto surveillance.
- Des appareils plus complexes, type PIKO 6 sont à la limite des dépistages "de masse" compte  tenu du temps nécessaire à leur personnalisation.
- Au-delà, les spécialistes ont à leur disposition tout un arsenal permettant une analyse fine de tous  les éléments de la fonction respiratoire : réactivité bronchique,  échanges gazeux, mécanique respiratoire...

Dans quel cadre fait-on mesurer son souffle ?

En pratique: il existe des journées nationales ou mondiales, ouvertes à tous : Journée Mondiale Sans Tabac le 31 mai, Journée Mondiale de la BPCO en novembre, Parcours du cœur en avril… toutes occasions à saisir où l'on peut prendre sur place l'avis de professionnels qui peuvent vous informer, vous conseiller et faciliter votre décision de consulter votre médecin traitant. Nous y participons avec notre partenaire, l'Association Bourguignonne des Insuffisants Respiratoires (ABIR).

Texte signé Monsieur Le Professeur Louis JEANNIN
Président du Comité Départemental contre les Maladies Respiratoires