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Le souffle, c‘est la vie

Mis à jour le 06/02/2015

Le souffle, c‘est la vie, c'est une évidence : il n'y a pas de vie sans souffle, à la fois témoin et compagnon de notre existence.

Le jour, il s'adapte à notre activité physique lors des efforts de la vie courante : monter un escalier, porter une charge. On le modifie  à volonté pour parler, ou pour chanter ; il  accompagne nos émotions, surtout quand elles sont vives : "on retient son souffle", on a "le  souffle coupé". II règne la nuit  sur toutes les phases de notre sommeil ; il est attentif à nos rêves : pendant un cauchemar, une pause du souffle suffit à nous réveiller.

Le poumon normal

Le rôle des poumons est d'approvisionner l'organisme en oxygène (O2), gaz nécessaire aux cellules  pour  produire  l'énergie dont elles ont besoin. Parallèlement, les poumons assurent le rejet du dioxyde de carbone (CO2), conséquence de cette activité.
 

Pénétration de l'air

En respiration calme, l'air est aspiré par le nez ; un demi-litre d'air à chaque inspiration, 12 à 15 inspirations par minute : ce sont environ 15.000 litres d'air qui sont ainsi inhalés en 24 heures ; c'est dire l'importance du nez ; il  filtre cet air, le réchauffe et l'humidifie ; c'est la voie de choix. Mais si beaucoup d'air est nécessaire, à l'effort par exemple, on respire la bouche ouverte.
 
L'air gagne alors la trachée, qui  se divise en deux "bronches souches", une pour chaque poumon ; cette division se poursuit en bronches de plus en plus petites. Les bronchioles se terminent en formant de minuscules sacs appelés "alvéoles".
Il y a plus de 300 millions d'alvéoles dans les poumons normaux. Ouvertes et posées à plat, elles pourraient recouvrir un court de tennis, soit une surface d'environ 100 m2.
 
 
Oxygène (O2) et dioxyde de carbone (CO2)
L'air ainsi parvenu au niveau alvéolaire se trouve dans la partie la plus noble du poumon : la "surface d'échanges" : à travers une membrane très fine, la membrane alvéolo-capillaire, l'air des voies aériennes va se trouver mis en contact avec un réseau de fins capillaires ; le sang va s'y enrichir en oxygène qu'il va livrer aux cellules de tout l'organisme ; ainsi appauvri en oxygène et chargé en dioxyde de carbone, il retourne au cœur, puis aux poumons, pour un nouvel échange.
 

Les deux mouvements respiratoires : inspiration et expiration

Que faut-il pour remplir nos poumons ? Deux acteurs, l'un musculaire, l'autre pleural.

LES MUSCLES
Le muscle respiratoire  majeur est le diaphragme, qui sépare le thorax et son contenu de la cavité abdominale (estomac, foie,  intestins…).
A l'inspiration, le diaphragme s'abaisse, augmentant ainsi le volume pulmonaire; de nombreux autres muscles participent aussi à la respiration, notamment les intercostaux ; les muscles du cou peuvent être recrutés si besoin.

LES PLEVRES
Les poumons sont entourés de deux fines couches de tissu appelées plèvres. L'un des feuillets est directement attaché à la surface des poumons ;  l'autre est fixé à l'intérieur du thorax, près des côtes. Ces  deux feuillets limitent "l'espace pleural", normalement vide ou presque ; son rôle est de transmettre au poumon  la force de traction exercée par l'augmentation de la cage thoracique.  Cette transmission se fait ainsi souplement, sans contact direct ; le poumon est un organe fragile, souple et compressible.
 
À l'expiration, le diaphragme retrouve sa position relevée initiale; fait essentiel, en respiration calme, la diminution du volume des poumons se fait uniquement grâce à l'élasticité pulmonaire, à la manière d'un élastique qui, après avoir été étiré, revient à sa position normale. 
 
La protection du poumon
Le nez ne retient que les agents polluants volumineux. Si un irritant pénètre jusqu'aux poumons, il sera piégé  au niveau des conduits respiratoires par la fine couche de mucus qui en tapisse l'intérieur et propulsé grâce à un tapis  de cils chargé d'évacuer vers l'extérieur tous les polluants solides (poussières, bactéries…) : 70 grammes de mucus environ sont sécrétés chaque jour. Ce contenu peut être craché lors d'un effort de toux (" expectoration") ou dégluti, de façon plus ou moins consciente.
 
De plus, lorsque les poumons sont irrités, des muscles circulaires, situés dans les parois bronchiques, peuvent se contracter pour rétrécir leur calibre et s'opposer ainsi à la pénétration des agents irritants. Ce "bronchospasme"  est particulièrement fréquent et gênant chez les personnes souffrant de Broncho Pneumopathie Chronique Obstructive (BPCO) ou d'asthme.
 
Protéger son souffle est donc vital ; il est donc souhaitable de l'évaluer de temps en temps. Nous verrons comment et quand il est possible de le faire simplement.


Texte signé Monsieur Le Professeur Louis JEANNIN
Président du Comité Départemental contre les Maladies Respiratoires